Camaret-sur-Mer : la mer est toujours une poubelle

14 nov. 1995

Dans le cadre du réaménagement du port de Camaret, environ 35.000 m3 de boues portuaires vont être immergées à 500 mètres du rivage. L’étude d’impact sur l’environnement marin ne précise pas les teneurs en hydrocarbure, en PCB et en étain des sédiments à immerger. La charge toxique globale des boues de dragage du port de Camaret va s’ajouter aux rejets industriels et agricoles de la rade de Brest, et aux relargages des dépôts de dragage du port des sous-marins nucléaires de l’Ile-Longue. La rade de Brest et la presqu’île de Crozon sont chroniquement et significativement contaminées par les PCB, les solvants chlorés, le zinc, les hydrocarbures et le plomb, comme en témoignent les analyses du Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin (R.N.O.).

La localisation du site d’immersion, tout près de la côte dans l’anse de Camaret par dix à quinze mètres de profondeur, provoquera l’asphyxie et la dégradation des bancs de maerl ; une étrange manière de traiter des « ressources à protéger » selon IFREMER. Le maërl est utilisé pour la fertilisation biologique des sols et les bancs de maërl servent de nourriceries aux organismes marins et d’habitat pour les coquilles St-Jacques.

D’autre part, dans le cadre de l’aménagement portuaire, une autre partie des déblais de dragage est utilisée pour édifier 8500 m2 de terre-plein et parking « les pieds dans l’eau ». Les conséquences de ces nouvelles emprises sur le régime hydraulique du port ne sont pas estimées. L’envasement financier des ports voisins devrait mener les élus locaux et la Direction Départementale de l’Equipement, maître d’œuvre du projet à s’interroger sur les contraintes techniques et économiques que ces nouvelles structures risquent d’entraîner. Les vases putrides et sulfurées du port de Camaret, polluées par les rejets urbains, les rejets du chantier naval, les fuites des stockages d’hydrocarbures liés aux activités nautiques et par les peintures anti-salissures des bateaux de plaisance doivent faire l’objet d’un tri, d’un traitement ou d’un stockage à terre. La mer n’est pas une décharge, de même qu’un port historique et légendaire n’est pas un parking. Robin des Bois s’opposera à l’immersion des boues de dragage du port de Camaret.

 

 

 

 

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