« A la Trace » n°19, le bulletin de la défaunation

26 févr. 2018

Bulletin trimestriel d’information et d’analyses sur le braconnage et la contrebande d’animaux
770 événements du 1er octobre au 31 décembre 2017
134 pages illustrées
pdf – 6,4 Mo
Baleines et mammifères marins, page 15

Concombres de mer – page 7
Les concombres de mer sont dans les fonds marins et les bas-fonds de la notoriété. Avec les ailerons de requins, les ormeaux et les vessies natatoires de totoabas, les concombres de mer font partie des « must » de la gastronomie marine. En même temps ils souffrent d’une réputation de guérisseurs des maladies humaines depuis la dynastie Ming. Aujourd’hui, plus de 60 espèces de concombres de mer sont pêchées dans les eaux tropicales, tempérées ou polaires. Le cercle des espèces recherchées s’élargit et à terme les 377 espèces connues de concombres de mer sont menacées d’extinction. Séchés, ils se vendent jusqu’à 3000 US$/kg. Il est urgent que les concombres de mer bénéficient d’une protection internationale. Cf. le dossier «Pour en finir avec les concombres de mer» dans le « A la Trace» n°4, p. 107.

Tortues terrestres et d’eau douce – page 19
Etats-Unis d’Amérique, Brésil, Madagascar, Inde, Mexique, Bangladesh, Hong Kong, en pirogue, en avion, en Mercedes Benz, par la poste, dans des chaussettes ou sous des chocolats, pour la viande, pour les écailles, pour l’animamania de compagnie, pour les jeux de hasard et pour porter bonheur, les tortues terrestres et d’eau douce sont les esclaves d’un trafic organisé. La traite des tortues est universelle. La plus spectaculaire saisie du trimestre a été faite en Lybie. Les 3000 tortues de Kleinmann prenaient la route de l’Egypte. Des vieux documents de l’UICN datant de 2003 disent qu’en trois générations, leur aire de répartition a fondu de 123.000 km2 à 16.600 km2. Le même document prédisait l’extinction de l’espèce à l’horizon 2025. La fin approche.

Oiseaux – page 33
Le Brésil perd ses couleurs et ses musiciens. Par an, 30.000 oiseaux chanteurs et oisillons sont saisis dans des voitures au bord des routes qui desservent les prairies et les forêts. Malgré l’efficacité des brigades volantes, on peut craindre que ces 30.000 victimes ne représentent que 10% du braconnage. L’amende standard est égale à 153 US$ pour chaque oiseau volé à la nature. L’ardoise s’allonge si le ou la délinquante sont inculpés de commerce illégal et de maltraitance envers les animaux et si l’une des espèces est inscrites à la CITES.
Par attentats au cyanure et aux pesticides, l’Afrique australe continue à perdre ses précieux équarisseurs naturels.

Pangolins – page 48
Ca ne s’arrange pas. Le bilan des saisies du trimestre octobre, novembre, décembre 2017 s’élève à 13.132 kg d’écailles, soit une prédation de près de 40.000 pangolins. Ce bilan record inclut une saisie de 11.900 kg de pangolins d’Afrique réalisée en Chine en juillet 2017 et révélée fin novembre après l’arrestation des suspects. Les condamnations pour trafic de pangolins vivants ou d’écailles sont de 4 ans de prison ferme en Inde, 5 à 7 ans au Malawi et de 9 ans au Zimbabwe.

Félins – page 61
Accélération. En 2013, dans les premiers numéros de « A la Trace » les lynchages de léopards étaient exceptionnels en Inde. Aujourd’hui, ils arrivent régulièrement. Au poison de la violence collective s’ajoutent à l’encontre des léopards et des tigres, les poisons de l’électrocution, des fils barbelés et des pesticides. Heureusement la Haute Cour de Bombay protège les tigres, des îlots de tolérance résistent et des sauvetages de léopards ou de léopardeaux illuminent l’actualité sombre.
Après l’interdiction des cirques ambulants au Mexique, les tigres du Bengale et les lions sont dispersés et continuent à être maltraités.

Rhinocéros – page 83
Le bilan officiel de l’année 2017 dépasse pour la 5ème fois le seuil de 1000 rhinos braconnés en Afrique du Sud. Il s’élève à 1028 dont 504 dans le parc Kruger. Les fœtus ne sont pas pris en compte dans cet inventaire. Pour le seul trimestre octobre, novembre, décembre 2017, trois femelles étaient en gestation quand elles ont été braconnées.
Le braconnage dans le parc national du Kaziranga en Inde est comparable à celui de 2001. Il ne dépasserait pas les 5 individus en 2017. Il est en baisse remarquable.
Pour braconnage ou trafic de corne, les condamnations à la prison ferme sont comprises entre :
– 2 mois à Hong Kong
– 14 mois au Royaume-Uni
– 14, 15 et 20 mois au Vietnam
– 18 mois au Etats-Unis
– 5 ans en Zambie
– 11 ans au Swaziland
– 8, 10 et 18 ans au Malawi
– 4, 18 et 20 ans en Afrique du Sud
– 20 ans en Tanzanie

Eléphants – page 91
S’il faut parler d’imminence dans l’extinction, les éléphants d’Asie sont beaucoup plus menacés que les éléphants d’Afrique. En cette fin d’année 2017, les super-tuskers du Sri Lanka et d’Inde et les éléphants pygmées d’Indonésie disparaissent à tour de bras. La valeur officielle et globale d’un éléphant d’Asie en Chine est d’un peu plus de 300.000 US$ contre un peu plus de 150.000 US$ pour un éléphant d’Afrique. L’ivoire d’éléphant d’Asie est plus apprécié en Asie que l’ivoire d’éléphant d’Afrique.
L’ivoire n’est pas la seule matière recherchée dans l’éléphant. En 10 ans, 70.000 éléphants d’Afrique auraient alimenté les tanneurs et la mode mondiale.

Anes – page 131
La pression s’aggrave. L’Australie entre en négociation avec la Chine pour exporter des milliers d’ânes redevenus sauvages. En Chine, depuis le 1er janvier 2018, la taxe d’importation sur les peaux d’ânes a baissé de 5 à 2%.

« A la Trace » est réalisé par Robin des Bois avec le soutien financier de la Fondation Brigitte Bardot, de la Fondation Franz Weber et du Ministère de la Transition écologique et solidaire, France

 

« A la Trace » n°19
http://www.robindesbois.org/wp-content/uploads/A_LA_TRACE_19.pdf

 

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