Brouillard sur la Hague

17 déc. 2003

Institué en 1997, le Groupe Radioécologie Nord-Cotentin (GRNC) est en panne, faute de financements et de prise en considération.Sa fonction initiale était d’explorer les corrélations entre les excès de leucémies entre 1978 et 1996 rapportés dans le canton de la Hague et les effluents radioactifs et chimiques des installations nucléaires locales.

« On a de plus en plus de tutelles et de moins en moins d’argent » disent les experts.Sans doute mais ce n’est pas de la faute des associations, ni des riverains.

1.Le GRNC est aujourd’hui dans l’incapacité de lancer la campagne de mesures des substances chimiques recommandée par tous ses experts.Elle permettrait de valider sur le terrain les modèles virtuels utilisés pour le calcul de l’impact des rejets.

2.Le GRNC ne peut toujours pas évaluer l’impact du cortège de polluants émis par le Lucifer échoué à Querqueville et établissement principal de l’école de sécurité maritime de la Marine Nationale.Les exercices de feu pratiqués plusieurs fois par semaine sur le Lucifer entre 1965 et 2000 étaient une source importante de risques sanitaires pour les riverains et les habitants du canton mitoyen de Beaurmont.Le benzène employé en tant qu’accélérateur de feu est clairement leucemogène.L’Ineris (Institut National de l’Environnement et des Risques industriels) est prête à modéliser les rejets atmosphériques du Lucifer et à évaluer les risques sanitaires chroniques ou aigüs.Il ne manque que la commande!

L’asphyxie du GRNC est incompatible avec l’arrêté du 10 janvier 2003 autorisant les rejets liquides et gazeux de l’usine Cogema de la Hague.Le Groupe Radioécologie du Nord-Cotentin est en effet dans ce cadre chargé d’apprécier et de commenter chaque année les doses absorbées par les populations telles qu’elles seront présentées par la Cogema .

À la veille d’une nouvelle réunion à Cherbourg de la CSPI*, il importe encore une fois de souligner l’incohérence des pouvoirs publics, du Ministère de l’Industrie, du Ministère de la Défense et de l’ex-Ministère de l’environnement.
*Commission Spéciale et Permanente d’Information mis de l’établissement de la Hague.

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