Note d’information « boues rouges » – suite

23 déc. 2015

Il a été révélé hier à la réunion spéciale du Conseil Supérieur de la Prévention des Risques Technologiques -CSPRT- que dans une zone élargie à partir du rejet en mer de l’usine d’alumine de Gardanne dans la fosse de Cassidaigne à 7 km au large de Cassis, les poissons étaient marqués par l’aluminium, le titane, le vanadium, trois des éléments métalliques spécifiques des boues rouges. Suite aux conclusions de l’étude menée par l’ANSES et l’IFREMER à la demande du Ministère de l’Écologie, il a été décidé qu’une Évaluation des Risques Sanitaires devait être achevée au maximum dans 3 ans. Le Ministère de la Santé y tient. Cette évaluation sanitaire concerne les consommateurs de produits de la mer.

D’autre part, le stockage à terre des boues rouges sur le lieu-dit Mange-Garri expose les habitants de Gardanne et de Bouc-Bel-Air à des risques sanitaires à cause des envols de poussières et d’une possible contamination des eaux souterraines. Ces risques vont devoir eux aussi être explorés.

L’avis du CSPRT est que la dérogation demandée par Altéo pour rejeter en mer des effluents notamment contaminés en aluminium et en arsenic à des taux considérablement supérieurs aux normes réglementaires ne doit pas dépasser 6 ans. En outre, un nouveau conseil scientifique de suivi doit être impérativement nommé et la mise en conformité d’Altéo sur ses rejets atmosphériques en dioxyde d’azote doit être réalisée au plus tard en 2018.

Enfin, tous les collèges du CSPRT, syndicats, patronat, élus, services de l’Etat et ONG ont partagé des inquiétudes sur la pérennité de l’exploitant actuel Altéo dont l’actionnaire principal est un fonds commun de placements à risques. En 12 ans, le site de Gardanne a été exploité successivement par Pechiney, Alcan, Rio Tinto et Altéo.

Robin des Bois, membre du CSPRT, estime que l’usine de Gardanne fondée en 1894 n’a aucun avenir compte-tenu des investissements considérables à réaliser pour cesser tous les rejets en mer et pour se mettre en conformité avec toutes les réglementations. La seule position constructive est d’envisager dès maintenant la reconversion du personnel et des emprises industrielles terrestres.

 

Imprimer cet article Imprimer cet article