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Bassin Loire-Bretagne : 167 marées noires – 2008

Entre janvier 2004 et décembre 2007, Robin des Bois grâce à la compilation et à l’analyse des articles de la presse régionale a relevé 167 épandages accidentels d’hydrocarbures dans le bassin Loire-Bretagne. Le cumul des déversements annoncés comme supérieurs à 100 litres est de 136 tonnes. Pour un dégazage en mer et un panache de 11 km correspondant au rejet de 1 à 3 t d’hydrocarbures purs le voiturier portugais Arroyo Frios a été condamné à 200.000 € d’amende par le tribunal correctionnel de Brest, jugement confirmé par la Cour de Cassation en janvier 2007. Une pollution analogue dans les eaux intérieures n’est pratiquement jamais sanctionnée. La tendance est à la banalisation : « il faudra plusieurs semaines et de la pluie pour ne plus voir d’irisations sur le ruisseau », « Les barrages de paille mis en place sont brûlés par les pompiers », « Libellules, salamandres et grenouilles sont décimées », « En mai 2006, ma voisine a dû changer ses chevaux de prairie car leurs sabots étaient tout noirs ». Quels sont les effets de ces rafales de pollutions sur les aloses, les saumons, les végétations planctoniques, l’aquaculture dans la Loire et ses affluents et la conchyliculture dans l’estuaire ? Combien de nichées de sternes pierregarin sont englués ou handicapés par ces marées noires de l’invisible ? Combien de petits gravelots et de martins pêcheurs sont réduits dans le Cher ou dans l’Allier à l’état de déchets d’hydrocarbures ? Quels sont les effets à long terme sur les chaînes alimentaires aquatiques ou semi aquatiques du bassin entier de la Loire ? Faut-il (cf. cartographie) interdire l’usage des hydrocarbures entre Bourges et Vierzon, autour d’Angers, de Nantes et de l’Elorn, fleuve côtier qui se jette dans la rade de Brest ? Faute de centralisation des diverses informations et d’interprétation statistique, les origines, les causes, les conséquences sanitaires et environnementales des pollutions accidentelles des eaux intérieures sont mal identifiées, méconnues et sous-estimées. Il n’y a aucun retour d’expérience et la réduction à la source des pollutions accidentelles des eaux douces n’était pas jusqu’alors une priorité. Il a été acté dans la feuille de route Grenelle « que les pollutions accidentelles des eaux superficielles devront être mieux répertoriées et mieux analysées ». (cf. proposition Robin des Bois sur la lutte contre les pollutions accidentelles des eaux superficielles intérieures [1])

L’objectif de Robin des Bois est d’introduire une solidarité de gestion technique, écologique et financière des grands bassins fluviaux. Les acteurs, l’opinion publique, les innombrables services de l’Etat chargés de prévenir la pollution des eaux intérieures doivent comprendre qu’une pollution dans l’Auzon (43) impactera la qualité des eaux dans l’estuaire de la Loire ; les chasses de barrages, les inondations et les opérations de dragage contribuent à la propagation des pollutions et aux transferts des sédiments contaminés.

Les hydrocarbures se définissent dans le cadre de cet inventaire comme des carburants, lubrifiants ou solvants pétroliers ou comme des produits usagés assimilables à des déchets tels l’huile de vidange. Les irisations, la couleur et dans la plupart des cas les odeurs font qu’en première approche les témoins et les acteurs qualifient les polluants d’hydrocarbures. Ceux-ci peuvent masquer des contaminants plus persistants comme des huiles de transformateurs électriques ou des huiles de coupe industrielles.

 

Lien vers le dossier Bassin Loire-Bretagne : 167 marées noires avec cartographie. [2]