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Arctique : Ponant fait chou blanc

Alors que Ponant publie des images d’artiste de l’intérieur de son futur brise-glace, le Commandant Charcot, un fiasco vient contrarier le pavillon français dans sa conquête et sa pollution de l’Arctique. Le Boreal et le Soleal partis les 20 et 27 août du Groenland ont reçu l’ordre de la part des autorités canadiennes de faire demi-tour. La banquise et les icebergs sont déjà là. Ils sont infranchissables. Les deux « yachts » avaient pour destination le port de Nome en Alaska. Leurs 500 passagers, qui sont peut-être devenus climato-sceptiques, ont payé au minimum entre 10.000 et 30.000 euros mais ils ont raté la « traversée du légendaire passage du Nord-Ouest sur les traces des explorateurs », ils n’ont pas pu acheter d’ivoire de morse ou de narval aux commerçants inuits des villages traditionnels et ils n’ont pas pu déranger par leur curiosité « l’ours polaire seigneur de l’Arctique ». Ils vont devoir être dédommagés.

Effet mikado, le Boreal et le Soleal devaient continuer leur route en embarquant de nouveaux passagers à Nome à la mi-septembre pour deux nouvelles croisières. Elles sont annulées. L’une avait pour destination Seward en Alaska, l’autre Vancouver au Canada. Elles avaient elles aussi connu un franc succès. Les deux « yachts » étaient complets. Les clients devront être remboursés, entre 5.000 et 15.000 euros par personne selon le luxe des cabines.

Autre effet mikado, la traversée par le mythique passage du nord-ouest entre le Groenland et l’Alaska planifiée fin août 2019 est désormais remplie d’incertitudes. Elle est déjà complète. Certains candidats à la formidable aventure vont tenter de s’en dégager et de réclamer le remboursement des frais déjà engagés. Une possible et périlleuse évacuation par hélicoptères en plein milieu de l’Arctique depuis l’Austral pris par les glaces ne fait pas forcément partie de leur programme. Une telle mésaventure est arrivée aux 128 passagers du Clipper Adventurer le 28 août 2010 [1].

En 2022, il y aura une centaine de navires de croisière à sillonner et à exploiter l’Arctique. Tous les centres de sauvetage des pays riverains redoutent cette espèce invasive.

Voir aussi :
Le brise-glace qui fait froid dans le dos [2], 10 janvier 2018