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A-t-elle les reins assez solides ?

Grenelle de la Mer
Le Havre

 

Mer à boire avec les usines de dessalement, mer minière avec les encroûtements métallifères de Polynésie, mer énergie, mer béton avec les extractions de granulats, mer loisirs, mer-routage maritime, mer stockage de CO2, et mer nourricière, la France demande beaucoup à la mer.

En échange, elle lui offre entre autres la solidarité des bassins versants, le plan coordonné de réduction des macrodéchets [1], des filières de démantèlement des navires en fin de vie et sous-normes, la restriction de l’accès aux ressources pour les pêcheurs de loisirs et le développement d’aires marines protégées. Il reste à mettre sur zone en particulier pour les aires ultramarines les moyens de gestion et surtout de surveillance.

La protection au niveau international des espèces menacées comme le thon rouge et le requin-taupe est désormais d’actualité. Robin des Bois qui œuvre dans ce sens depuis 1990 a réussi à débloquer la situation et à faire bouger les lignes.

Le choix de faire au Havre dans le sillage du Grenelle de la Mer le discours présidentiel sur la politique maritime de la France est pertinent. L’estuaire de la Seine est malmené depuis plus d’un siècle par les rejets industriels, les extensions portuaires, les boues de dragage et les rejets domestiques de Paris et de l’ensemble du bassin versant ; c’est la construction de Port 2000 qui a fait émerger au sein du Grenelle de la Mer l’idée d’étudier le concept théorique d’un port off-shore qui ne détruirait pas les vasières, les zones humides, les frayères, et les nourriceries. Dans le même ordre de précaution, il a été décidé de porter au sein de l’Union Européenne une réflexion sur les risques du gigantisme des navires. Ces éléments du Grenelle de la Mer n’ont pas été repris dans le discours de M. Sarkozy. Le creusement du canal Seine Nord a par contre été évoqué comme étant un moyen de désenclaver le « grand Paris » et le port du Havre ; à contrario des experts redoutent que ce canal fasse d’Anvers le premier port français.

La lutte contre les pavillons de complaisance a été prise en compte dans plusieurs recommandations du Grenelle de la Mer notamment en préconisant la rétention systématique des navires ne répondant pas aux normes de l’Organisation Internationale du Travail. La légitime sortie de la liste des pavillons de complaisance du Registre International Français -RIF- pour le moment mis dans le même sac que le pavillon de la Mongolie ou des Iles Tonga peut à la suite du Grenelle de la Mer être raisonnablement envisagée.

Enfin, le Grenelle de la Mer a permis de lancer un nouveau bateau-phare, le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer qui sera chargé de coordonner et d’éclairer les actions des différents ministères ayant des prérogatives maritimes comme les ministères de l’agriculture et des pêches, de la recherche ou celui des affaires étrangères.