Sommaire
Les
tourteaux de la Baie de Seine entre Cherbourg et Le Tréport sont empoisonnés
par les PCB
Restrictions de pêche du fait de la contamination
par les PCB (juillet 2011)
Quelques espèces concernées
Les dragages qui noient le poison
Les sites pollués font les poissons contaminés
Histoire d'une contagion
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© Robin des Bois
Les tourteaux de la Baie de Seine entre Cherbourg et Le Tréport
sont empoisonnés par les PCB
La baie de Seine est la plus polluée du monde par les PCB. C’est l’effet du Grand Paris et des 97 sites pollués du bassin versant ; c’est aussi la conséquence de la perturbation frénétique des sédiments de la Seine et de l’estuaire par les ports de Rouen et du Havre. Les dragages sont de plus en plus profonds, ils déstockent les polluants pour permettre à des porte-conteneurs arrivant de Chine et à d’autres méga navires de naviguer avec une sécurité relative dans l’estuaire et le chenal de la Seine. La mondialisation et la massification des échanges maritimes est une catastrophe écologique ; après les anguilles et les sardines, les tourteaux de la baie de Seine en sont les nouvelles victimes et n’en sont pas les dernières.
Le Ministère de l’Ecologie et les préfets de Haute et Basse Normandie vont-ils engager leurs responsabilités en accordant au port de Rouen la scandaleuse autorisation « d’amélioration des accès maritimes » - 6 millions de tonnes de boues polluées - et la capacité de se livrer à « l’immersion expérimentale » - 2 millions de tonnes - dans une nouvelle décharge sous-marine au milieu de l’estuaire et de l’espace de travail des marins-pêcheurs du Havre, d’Honfleur, de Trouville, de Port-en-Bessin, de Saint-Vaast-la-Hougue ?
En dix ans (2000-2010) les ports de Rouen et du Havre ont dispersé dans la baie de Seine 122 millions de tonnes de boues de dragage, dispersant dans la colonne d’eau et les sédiments un flux de 10 tonnes de PCB pur. Soit l’équivalent de 13.000 transformateurs moyens contaminés à 1.500 ppm (1,5 kg/t). Il suffit d’un milliardième de gramme pour transformer un crabe, une anguille, une sardine, un maquereau en denrée alimentaire à risques. (*)
(*) Sur la base d’une contamination moyenne des sédiments de 100 µg / kg de matière sèche pour les PCB indicateurs, soit 200 µg / kg pour la somme des PCB, d’un ratio de 500 kg de matière sèche pour 1,2 tonne de boue et d’un transformateur type contenant 500 litres d’huile diélectrique d’une teneur de 1.500 ppm de PCB.
Restrictions
de pêche du fait de la contamination par les PCB
L’atlas des sites aquatiques pollués aux PCB est réalisé
à partir de deux sources principales d’informations : les arrêtés
émis par les préfectures pour restreindre la pêche,
la consommation humaine ou animale, la commercialisation ou la cession des
poissons en raison de leur contamination par les PCB et les avis de l’ANSES
sur l’analyse de la contamination des poissons. La contamination administrative
a parfois du retard sur la contamination biologique : sur la carte n’apparaissent
que les cours d’eau qui ont fait l’objet d’arrêtés.
Les plans d’échantillonnage et les analyses de la contamination
des poissons par les PCB se poursuivent et s’étendent dans
tous les bassins fluviaux. L’ANSES complète et affine ses données
notamment en fonction des tailles ou des poids et sur les espèces
insuffisamment renseignées et leur a même ajouté l’étude
de la contamination par le mercure. A l’exception de son avis du 18
octobre 2010 qui recommande la non commercialisation des seules anguilles
pêchées dans l’Ancre (bassin de la Somme) et épargne
les autres poissons fortement bioaccumulateurs visés jusqu’alors,
l’heure est à l’aggravation des restrictions. Les arrêtés
préfectoraux se succèdent, qui interdisent la consommation
et la commercialisation des poissons contaminés.
De son côté, la justice s’en mêle et s’emmêle.
En décembre 2010, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé
l’arrêté du 30 avril 2009 du préfet de Moselle.
Sans remettre en cause la pollution par les PCB ni les risques sanitaires
qui en découlent, le tribunal s’est insurgé contre la
condition de remettre les poissons à l’eau « immédiatement
» et a préféré donner la priorité aux
concours de pêche au détriment de la santé publique.
Dans son avis du 30 juin 2010, l’ANSES avait pourtant confirmé
la contamination des poissons de la Moselle. Aucun arrêté n’a
été pris depuis l’annulation administrative.
La situation en juillet 2011
En juillet 2011, 58 départements réglementent la pêche
sur plus de 120 cours d’eau ou plans d’eau. Depuis le dernier
atlas de Robin des Bois, l’Aisne, la Saulx, la Vesle dans le bassin
de la Seine, le Loir dans le bassin de la Loire, la Touloubre et le canal
du Rove en Rhône-Méditerranée et l’Isle dans le
bassin Adour-Garonne ont rejoint la famille des grands malades du PCB. De
nouveaux arrêtés ont étendu les restrictions à
d’autres segments de cours d’eau déjà impactés
ou à d’autres espèces de poissons. Les préfets
devraient logiquement suivre les derniers avis complémentaires de
l’ANSES et réglementer la pêche sur de nouveaux secteurs
; mais les décisions se font parfois attendre comme dans le bassin
Rhin-Meuse.
L’ANSES actualise ses recommandations pour les différents bassins.
Depuis le début de l’année, trois avis de l’agence
ont confirmé l’ampleur nationale de la contamination. La préfecture
des Bouches-du-Rhône a en conséquence étendu les restrictions
de pêche à la Touloubre et au canal du Rove, mais dans le Languedoc-Roussillon
les préfectures n’ont pas réagi à la non-conformité
des anguilles pêchées dans l’Aude et l’Orbiel.
Les deux avis les plus récents parus en mai 2011 concernent deux secteurs qu’a priori tout oppose, l’Adour-Garonne et la Baie de Seine.
L’Adour-Garonne était
au lancement du plan national PCB considéré comme pratiquement
exempt de pollution par les PCB. Depuis, la contamination des anguilles
adultes a conduit à l’interdiction de la consommation de ces
poissons péchés sur des sections de la Dordogne et de la Garonne.
L’ANSES a étendu ses analyses dans le bassin de la Garonne
et celui de l’Adour ; elle identifie la Garonne, l’Adour aval
et le Gave de Pau comme « zone de contamination élevée
». En conséquence, même si elle introduit un critère
de taille, elle préconise d’interdire la commercialisation
et la consommation des anguilles péchées dans la Gironde,
la Garonne, l’Ariège, l’Adour, le Gave de Pau, la Dordogne,
l’Isle, l’Hers et la Charente. Dans l’Adour, ce sont tous
les poissons fortement bio accumulateurs qui sont jugés non-conformes.
Des arrêtés préfectoraux sont attendus.
La Baie de Seine à l’inverse est connue et suivie pour ses taux record de contamination multiforme. Un premier avis de l’ANSES a conduit en février 2010 à l’interdiction de la pêche à la sardine pour cause de contamination PCB. 445 analyses visent à définir la contamination des bars, soles, maquereaux, rougets, calmars, seiches, sardines, tourteaux, étrilles pêchés dans la baie. Les nouvelles ne sont pas bonnes : si la pêche au maquereau de moins de 40 cm et celle du bar sont pour le moment sauvées, la contamination de la sardine est confirmée. Les crustacés ne sont pas épargnés : le tourteau dépasse les seuils réglementaires sur l’ensemble de la baie, de l’estuaire au Cotentin-est, de même que l’étrille dans le secteur de l’estuaire : les concentrations mesurées dans ce dernier secteur représentent trois fois les seuils réglementaires pour les deux espèces. L’ANSES remarque que les araignées de mer ont des taux de contamination généralement comparables à ceux des tourteaux et recommande de se pencher sur leur cas au plus vite.
Les derniers
avis de l’ANSES sur les résultats d’analyse en PCB
Adour-Garonne,
16 mai 2011
Baie
de Seine, 13 mai 2011
Rhone-Méditerranée
, 22 février 2011
Artois-Picardie,
18 octobre 2010

Liste
de tous les arrêtés d’interdiction de pêche du
fait des PCB et tableau de synthèse sous pdf (juillet 2011)
=>
Recueil n°1: arrêtés préfectoraux de mars 1996 à
février 2009 (attention: PDF 45 Mo)
=>
Recueil n° 2: arrêtés préfectoraux d'avril 2009
à février 2010 (PDF 21 Mo)
=>
Recueil n°3: arrêtés préfectoraux de février
2010 à août 2010 (PDF 19Mo)
=>
Recueil n°4: arrêtés préfectoraux du 30 septembre
2010 au 9 juin 2011 (PDF 56,1 Mo)
Tourteau,
un randonneur des fonds marins victime des porte-conteneurs
(Cancer pagurus)

© Robin des Bois
Le tourteau commun ou crabe dormeur est un crustacé décapode de la famille des Cancéridés qui vit en mer Baltique, mer du Nord, Manche, en Atlantique des côtes de la Norvège à celles du Maroc et en Méditerranée. Sa carapace ovale et lisse, de couleur brun orangé à brun rouge, est festonnée en lobes évoquant les bords d’une tourte. Elle peut atteindre 30 cm de largeur, ce qui fait du tourteau le plus gros crabe de nos côtes. Sa pêche, relativement récente, se fait par des navires caseyeurs, à l’aide de casiers appâtés ; elle a en partie compensé la pêche des homards et des langoustes surexploités en Manche et dans l’Atlantique. Le Royaume-Uni et la France en sont les plus gros producteurs européens. Le tourteau n’est pas considéré comme espèce protégée et ne fait pas l’objet de quotas de pêche. Il est interdit de pêcher les animaux venant de muer et la seule autre restriction concerne la taille qui doit être au minimum de 13 cm de largeur.
A l’issue d’une phase larvaire et pélagique, le tourteau entame son existence de crustacé benthique. Il fréquente les fonds sableux, vaseux ou rocheux du plateau continental à une profondeur de 6 m et jusqu’à 100 m. Il a généralement une préférence pour les failles des zones rocheuses. Sa répartition peut varier selon l’âge et le sexe. Le juvénile passe ses premières années dans les zones littorales et s’éloigne peu des côtes. Des études sur les migrations saisonnières ont montré que le tourteau gagnait des fonds plus profonds en hiver pour éviter les variations de température. Le mâle est plus sédentaire mais la femelle se rapproche des côtes et des fonds sablo-vaseux en période de ponte et d’incubation et peut parcourir de un à trois kilomètres par jour.
Le tourteau a une croissance discontinue et doit se débarrasser de sa carapace pour grandir. C’est la mue, qui a lieu la nuit, loin de l’estran et dure d’une demi heure à 6 heures ; la carapace reste ensuite molle pendant environ une semaine. Entre deux mues, le tourteau mâle double son poids ; il lui faut 7 ans pour atteindre 1 kg. La période de mue va d’avril à octobre et le nombre annuel de mues décroît au long de la vie du crustacé. Le tourteau atteint la maturité sexuelle vers 5-6 ans. L’accouplement ne peut avoir lieu que lorsque la carapace est molle, soit juste après une mue. La ponte a lieu en hiver et les éclosions s’échelonnent d’avril à septembre, le pic se situant au début de l’été. Les larves restent planctoniques pendant 7 à 8 semaines. Le tourteau peut vivre une vingtaine d’années.
Si sa larve se nourrit de plancton et matière organique en décomposition et en suspension, le tourteau est à la fois un détritivore et un prédateur actif. Son régime est composé de cadavres et de restes de proies, complété par des mollusques, des vers et des petits crustacés ; il est aussi capable de creuser profondément pour extraire du sol les animaux fouisseurs comme les couteaux. Son habitat et son régime alimentaire le rendent particulièrement sensible à la contamination des sédiments notamment à l’aval des estuaires ; la contamination des crustacés décapodes a été effectivement déjà pointée par des rapports de l’IFREMER. En 2010, l’ANSES (Agence Nationale de SEcurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a complété sa première étude de la contamination aux PCB des poissons et crustacés péchés en baie de Seine qui avait abouti à l’arrêté d’interdiction de pêche de la sardine. Les résultats disponibles dans son avis du 13 mai 2011 sont sans appel pour le tourteau, jugé non-conforme dans l’ensemble de la baie de Seine, de l’estuaire à la zone Est-Cotentin. En toute logique, un arrêté d’interdiction de consommation du tourteau devrait être pris sans attendre. La même interdiction devrait frapper l’étrille pour la zone estuaire de la Seine. Un inconvénient majeur puisque l’essentiel de la pêche au tourteau a lieu entre mai et novembre et une mauvaise nouvelle pour les amateurs de pêches à pied lors des prochaines grandes marées de fin août et fin septembre.
Quant à l’araignée de mer, l’ANSES considère que ses niveaux de contamination sont vraisemblablement proches de ceux des tourteaux et recommande dans ce même avis qu’elle soit prioritairement échantillonnée.

© ANSES, avis du 13 mai 2011
Sardine
(Sardina pilchardus)
La sardine est un poisson de la famille des Clupeidae, qui comprend aussi le hareng et l’alose. Sa taille maximale est de 27,5 cm, elle mesure en moyenne 20 cm à l’âge adulte et peut vivre jusqu’à 15 ans. Elle est répartie des côtes de l’Angleterre à celles de Mauritanie, en Méditerranée et en mer Noire. Sa pêche remonte à l’antiquité où les Romains étaient friands de sardines de Méditerranée mais aussi de l’Atlantique. Elle était consommée salée, fumée, séchée ou sous forme de sauce obtenue par pressage. Le véritable essor économique de la pêche à la sardine démarre au 16ème siècle et est décuplé par le procédé Appert de conservation et l’apparition des premières boites de sardines en fer blanc en 1829. L’espèce n’est pas considérée comme menacée, l’Union Européenne n’impose pas de quotas mais seulement une taille minimale de 11 cm au débarquement.
La sardine est un poisson pélagique et grégaire qui vit en bancs compacts à une profondeur habituelle de 25 à 100 m. Ses déplacements saisonniers sont de faible amplitude, elle migre vers le large en automne et se rapproche des côtes au printemps. Elle se reproduit tout au long de l’année avec des pics au printemps et en fin d’automne. Sa croissance est rapide en particulier celle des juvéniles qui atteignent leur maturité sexuelle au bout d’un an. La sardine juvénile se nourrit de phytoplancton, d’œufs et de larves de petits crustacés, l’adulte de zooplancton et de larves de crabes.

©
IFREMER
Après les premières mesures qui ont mis en évidence depuis 2005 la contamination par les PCB des anguilles de la baie de Seine, un plan d’échantillonnage a été mis en œuvre pour la surveillance d’autres espèces dans la région de la baie. Selon les analyses en dioxines et PCB effectués au printemps 2009 sur les poissons et mollusques pêchés dans la baie de Seine et l’est du Cotentin, la concentration moyenne des sardines en dioxines, furannes et PCB dioxine like est de 7,5 pg/g. La norme européenne fixe une limite maximale de 8 pg/g pour la somme des concentrations de ces polluants dans la chair des poissons. Compte tenu de l’intervalle statistique de confiance, l’AFSSA a, dans son avis du 23 octobre 2009, déclaré la sardine non conforme au seuil réglementaire et donc impropre à la consommation. Le 8 février 2010, les Préfectures de Seine-Maritime, du Calvados et de la Manche ont pris un arrêté d’interdiction de pêche, de débarquement, de transport, de cession et de commercialisation des sardines (arrêté en lien) provenant des eaux sous souveraineté française entre Barfleur et Dieppe.
Dans
les eaux intérieures, les poissons les plus impactés par
les pollutions aux PCB sont les poissons benthiques ; malgré
son mode de vie et son régime alimentaire, le poisson pélagique
qu’est la sardine est elle aussi aujourd’hui contaminé
par les PCB et interdit de pêche dans une large zone des eaux
sous souveraineté française en Manche. Elle n’est
pas la seule victime. La pêche de l’anguille est déjà
interdite sur le littoral du Calvados et de la Seine-Maritime depuis
2008, le bar qui n’est pourtant pas visé par l’arrêté
préfectoral n’est pas davantage conforme à la norme
européenne. Quant aux plies, maquereaux, et grondins, ils sont
estimés « conformes pour un poids respectivement de moins
de 7500g, 350g et 1100g ».
Anguille
(Anguilla anguilla)
L’anguille est un poisson vivant à la fois en eau douce et en mer. Elle migre et se reproduit dans la mer des Sargasses au large du Mexique. Après avoir traversé l’Atlantique, les larves se sédentarisent dans les estuaires ou remontent les cours d’eau, et y poursuivent leur croissance pendant une dizaine d’années. A leur maturité, entre 6 et 12 pour les mâles, 9 à 20 ans pour les femelles, les anguilles retournent en mer se reproduire puis mourir. En eau douce, l’anguille se nourrit essentiellement d’invertébrés benthiques mais aussi de batraciens et d’alevins, ce qui l’a longtemps fait considérer comme un prédateur. Elle est nocturne, et vit au fond des cours et plans d’eau, sous des pierres, dans les anfractuosités des berges et dans la vase. Elle est particulièrement exposée à la pollution des sédiments.
La population d’anguilles ne cesse de diminuer depuis les années 80. Elle est menacée en raison de la disparition de son habitat (les marais côtiers), de la mauvaise qualité des eaux et de la présence d’aménagements et d’ouvrages hydrauliques qu’elle ne peut franchir, à terre, par reptation. A la demande de l’Allemagne, au nom de l’Union européenne, l’anguille est inscrite en annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ; l’entrée à l’annexe qui devait se faire au 13 septembre 2007 a cependant été reportée au 13 mars 2009. En France, la population aurait été divisée par 10 en vingt ans. La densité de sa répartition décroît graduellement du littoral vers l’intérieur. Elle est pêchée intensivement pendant tout son cycle de vie.
Le fonds piscicole de l’ensemble du bassin Seine-Normandie, avec 45 espèces recensées, est pauvre en comparaison de ceux des autres grands fleuves. La plupart des cours d’eau du bassin ont un peuplement altéré. Dans la Seine, les migrateurs, en particulier, ont disparu, à l’exception de l’anguille qui est présente avec une densité moyenne à faible en Seine-Maritime, faible à très faible dans l’Eure, faible à nulle en amont, bien qu’on trouve des individus 500 km à l’intérieur du bassin sur l’Oise ou l’Yonne et même 770 km en amont sur le Rognon, un affluent de la Marne.
Depuis
le Moyen Age, la vallée de la Somme a concentré une population
qui vivait directement des ressources des marais attenants au fleuve.
Ce bocage aquatique est particulièrement riche en peuplement
d’oiseaux et de poissons ; la pêche y est un des premiers
attraits touristiques. Aujourd’hui cependant les jeunes anguilles
(civelles) ne peuvent plus remonter facilement et naturellement le fleuve.
Dans la Haute Somme où le statut juridique des étangs
et marais, propriétés privées de particuliers ou
communes, permet la pêche toute l’année, la plupart
des anguilles sont issues de repeuplement de civelles capturées
sur la côte, puis relâchées et élevées
dans les étangs.
| Concentrations en dioxines, furannes et PCB dioxin like pg/g
|
||
|
|
Somme |
Seine |
|
|
PCDD/F + PCB DL |
|
| Anguilles |
|
|
| fourchette |
3,4 - 213 |
15 – 76 |
| médiane |
39,6 |
25,4 |
| % > seuil intervention PCB (6 pg/g) |
77% |
100% |
| % non-conforme (12 pg/g) |
69% |
100% |
|
|
|
|
| Autres espèces |
|
|
| fourchette |
0,2 – 18,3 |
1,9 – 117,1 |
| médiane |
0,76 |
21 |
| % > seuil intervention PCB (3 pg/g) |
30% |
86% |
| % non-conforme (8 pg/g) |
4,34% |
64% |
La
norme européenne fixe une limite maximale de 12 pg/g pour la
somme des concentrations en dioxines, furannes et PCB dioxin like dans
la chair des anguilles et de 8 pg/g pour les autres espèces.
77% des échantillons d’anguilles de la Somme et 100% de
ceux de la Seine sont impropres à la consommation. Pour les autres
espèces, 4 % des échantillons de la Somme sont considérés
comme non consommables de même que 64 % des échantillons
de la Seine.
Des seuils d’intervention entraînent la surveillance de
la contamination, la recherche et la réduction de ses sources
lorsque la concentration en PCB dioxin like est supérieure à
6 pg/g dans la chair des anguille et 3 pg/g dans la chair des autres
espèces. Chez les anguilles, le seuil est dépassé
dans 77% des cas dans la Somme et 100% dans la Seine ; chez les autres
espèces, il est dépassé dans 4% des cas dans la
Somme et 86% dans la Seine.
En Picardie, la commercialisation de tous les poissons pêchés dans la Somme et les points d’eau qui lui sont reliés est interdite de Saint-Quentin (02) à Feuillères (80) par arrêté interpréfectoral du 21 septembre 2007 ; les analyses effectuées en 2006-2007 mettent en évidence la contamination des poissons par les PCB, et en particulier celle des anguilles.
De même en Normandie, des analyses ont conduit à l’interdiction de la pêche, la détention, le transport et la vente ou la cession des anguilles pêchées dans la Seine et les eaux littorales du fait des PCB dans les départements de la Seine-Maritime, l’Eure et le Calvados par arrêté interpréfectoral du 23 janvier 2008. Les valeurs des analyses étaient toutes supérieures à la concentration réglementaire maximale, et jusqu’à 6 fois cette norme. Le 30 septembre 2008, suite à de nouvelles analyses menées sur d’autres espèces, l’interdiction a été étendue à tous les poissons pêchés dans la Seine dans les départements de Seine Maritime et Eure.
L’anguille, poisson benthique, est particulièrement exposée aux pollutions par les PCB. Aujourd’hui au-delà de la Somme et de la Baie de Seine, les restrictions de pêche des anguilles touchent aussi la Garonne pour les individus adultes et jusqu’à la Mourachonne près de Grasse (06), sans oublier les cours d’eau et plans d’eau où la pêche de toute espèce de poisson est interdite.
Omble
chevalier
(Salvelinus alpinus)
L’omble chevalier est un salmonidé originaire des zones arctiques. A la fin de la dernière glaciation, il a remonté les grands fleuves d’Europe et colonisé les lacs au dégel. En France c’est un poisson lacustre autochtone des grands lacs alpins où il vit en eau profonde (entre 30 et 70 m de fond). Il a été introduit avec succès dans les lacs naturels ou de barrages des Alpes, des Vosges, du Massif Central et des Pyrénées et est aujourd’hui présent dans plus de cent lacs. Il se reproduit en hiver sur des zones de graviers en profondeur, les omblières. D’une taille moyenne de 30-35 cm pour 400 g, il peut atteindre 90 cm pour plus de 10 kg et vit une vingtaine d’années. C’est un poisson carnassier qui se nourrit d’organismes planctoniques et d’alevins ; les PCB s’accumulent dans sa chair grasse. Considéré comme le roi des poissons des lacs alpins, il est très vulnérable à la pollution et à la dégradation des milieux lacustres. L’eutrophisation et l’augmentation de la sédimentation des matières organiques en particulier détériorent les conditions de développement des œufs et les éclosions sur les omblières.
Les installations d’élevage nécessitent une eau très froide et sont donc rares. Cependant, l’omble chevalier fait l’objet d’une activité de pêche intense dans les lacs alpins et ses effectifs doivent être soutenus par des réintroductions de juvéniles nés en pisciculture. Dans le lac Léman, les populations d’ombles sont en baisse sensible sans que les causes soient à ce jour clairement identifiées. Les autorités suisses et françaises ont reconduit l’interdiction de la plongée au-dessus des omblières.
| Concentrations en dioxines, furannes et PCB dioxin like pg/g |
||||
|
|
Lac d’Annecy |
Lac du Bourget |
||
|
|
Mars-08 |
Mai-08 |
Mars-08 |
Juil-08 |
|
|
omble |
omble |
divers |
divers |
| fourchette |
5,6 - 31,4 |
0,5 – 4,1 |
1,45 - 21,96 |
1,8 - 21,7 |
| médiane |
6,7 |
2,8 |
6,3 |
5,8 |
| % > seuil intervention PCB (3 pg/g) |
100% (estimé) |
20% |
71% (estimé) |
79% (estimé) |
| % non-conforme (8 pg/g) |
33% |
0 % |
29% |
32 % |
En Haute-Savoie, des analyses effectuées en mars 2008 sur des ombles chevaliers de taille moyenne à grande (29 à 50 cm) pêchés dans le Lac d’Annecy en novembre 2007, a mis en évidence une contamination par les PCB. Le seuil d’intervention de 3 pg/g de PCB dioxin like, qui doit entraîner la surveillance de la contamination et des mesures de recherche et de réduction de ses sources était dépassé pour tous les individus. Les sujets les plus gros, 33%, étaient impropres à la consommation avec une concentration quatre fois supérieure à la norme européenne de 8 pg/g maximum pour la somme des dioxines, furannes et PCB dioxin like. La préfecture de la Haute Savoie a interdit la pêche de l’omble chevalier dans le lac d’Annecy par arrêté du 2 avril 2008 ainsi que dans le lac Léman ; dans ce lac, des analyses avaient montré une concentration de 12.73 pg/g sur un seul sujet de grande taille. En Suisse, les autorités ont jugé la situation « pas alarmante du tout car il y a des PCB dans le lac depuis 20 ans». La pêche est restée autorisée côté suisse en attente d’un avis de l’AFSSA et d’une harmonisation franco-suisse. Des analyses effectuées en mai sur des ombles et d’autres espèces (perche, brochet, lavaret) ont confirmé la contamination des ombles, à un niveau inférieur à la réglementation européenne, sur des sujets de taille plus petite (de 25 à 30 cm) ; le seuil d’intervention était dépassé pour 20% des poissons analysés. La concentration pour la somme des dioxines, furannes et PCB dioxin like dans la chair des autres espèces était dans les limites réglementaires. Le 17 juin l’AFSSA a rendu un avis concluant à la conformité des ombles chevaliers dans les limites d’une taille maximale de capture et de toutes les autres espèces sans restriction. Le 23 juin, la préfecture de Haute-Savoie a suivi cet avis et levé l’interdiction de pêche pour les ombles chevaliers de moins de 39 cm dans le lac Léman et 40 cm dans le lac d’Annecy. En décembre 2008, la Suisse, à son tour, a interdit la consommation des ombles de plus de 39 cm.
En Savoie, des analyses similaires ont été menées en mars sur des ombles et d’autres espèces (lavaret, perche, lotte, brochet, gardon) qui ont conduit à l’interdiction de la pêche dans le lac du Bourget de l’omble chevalier, mais aussi du lavaret, de l’anguille et du gardon. En juillet, une nouvelle série d’analyses a confirmé la contamination de 32 % des poissons, avec un taux de 88% de non-conformité chez les ombles chevaliers. L’arrêté préfectoral du 11 juillet a confirmé l’interdiction de pêche du 2 avril. En septembre, l’interdiction a été levée pour les fritures de gardons (taille inférieure à 10 cm) pour lesquelles la concentration était inférieure à la norme réglementaire selon des analyses réalisées en août. L’interdiction concernant le lavaret a été levée en novembre 2008.
Gardon
(Rutilus rutilus)
Le gardon est un poisson blanc très répandu en France dans les lacs, les étangs et les eaux faiblement courantes. Il est grégaire et vit en banc d’individus de même taille. L’adulte mesure entre 15 et 40 cm pour un poids de 0,2 à 1 kg. C’est un poisson omnivore qui se nourrit d’invertébrés benthiques, de larves, et de végétaux. En vieillissant, il devient surtout végétarien. Il peut vivre une douzaine d’années. Le gardon aime les eaux eutrophes riches en végétaux immergés, où il profite d’une abondance de nourriture. Tolérant face à la dégradation physique de l’eau et de l’habitat, voire à certaines pollutions, il a remplacé des espèces plus sensibles comme le barbeau ou le hotu, notamment dans la Seine.
Dans certaines régions, le gardon est élevé en tant qu’espèce annexe des carnassiers. Il fait surtout l’objet d’une pêche de loisirs, y compris les « fritures » de petite taille (jusqu’à 10 cm). C’est un poisson qui ne fait l’objet d’aucune protection et dont le caractère « envahissant », dû à ses capacités d’adaptation, le conduit même à être considéré comme un nuisible. Ainsi en Suisse, sa pêche dans le lac Léman était subventionnée par les autorités suisses dans les années 1970 à 1994 car il tendait à y proliférer.
Le
gardon est considéré comme une espèce faiblement
bio-accumulatrice des PCB. Cependant des analyses ont montré
une contamination de ces poissons dans certains cours ou plan d’eau,
avec un pourcentage parfois élevé de dépassement
de la limite réglementaire. Dans la Seine, 50% des gardons analysés
en septembre 2008 ont été jugés impropres à
la consommation ; dans le lac du Bourget, le taux de non-conformité
était de 35 % selon les analyses de juillet 2008. En conséquence
la pêche de ces poissons est interdite dans la Seine et dans le
lac du Bourget, sauf en ce qui concerne les « fritures »
à nouveau autorisée dans le lac depuis septembre 2008.
Après avoir été interdite dans la partie inférieure
du fleuve Rhône (départements de la Drôme, de l’Ardèche,
du Gard et du Vaucluse), la pêche du gardon a de nouveau été
autorisée dans ces départements en mai 2008 et sur l’ensemble
du fleuve en juin 2009 hormis la portion comprise entre Saint-Vulbas
et Loyettes (01). Elle reste interdite dans les autres cours d’eau
ou plans d’eau qui font l’objet d’interdictions de
pêche pour toutes les espèces.
Les dragages qui noient le poison
(octobre 2010)
L’un
des objectifs du plan d’actions sur les PCB lancé en février
2008 est «d’établir une doctrine pour la conduite
des opérations de dragage ».
A Gergy (71), les silures qui sont des poissons territoriaux et peu mobiles détiennent dans la Saône des records peut être mondiaux dans le domaine de la contamination aux PCB. Un individu subadulte de 12 kg a été flashé entre 400 et 500 pg/g. Ils peuvent être empoisonnés par deux sources locales éloignées d’environ 500 mètres. 1- une canalisation aboutissant dans la Saône en provenance de l’ex dépôt d’hydrocarbures de Rubis Stockage 2 – les écoulements dans la Saône via un étang et un bief en provenance d’un dépôt militaire de carburants et de lubrifiants. Dans l’oubli des conclusions du Comité de pilotage PCB du bassin du Rhône, ce méandre de la Saône a été dragué il y a quelques mois sans concertation et les sédiments ont été rejetés dans l’aval de la rivière. Au moment où les dragages ont eu lieu, la contamination phénoménale des jeunes silures était déjà connue des pouvoirs publics et des parties prenantes locales.
La
CNR (Compagnie Nationale du Rhône)
11 départements traversés par le Rhône ont instruit
pendant le mois de mars 2010 une enquête publique sur les dragages
du Rhône. 211 communes sont visées.
Contrairement aux déclarations de bonnes intentions et au verbiage
institutionnel, ces opérations se déroulent aujourd’hui
dans le non-dit et la turbidité. La CNR sollicitée par
Robin des Bois le 24 décembre 2009 au sujet du dragage préalable
de la halte fluviale de Givors (69) et du déversement en aval
des boues a immédiatement réagi par téléphone
et assuré Robin des Bois d’une réponse détaillée
et imminente qui n’est jamais parvenue à l’association.
Pour les dragages en cours ; quelques articles dans la presse régionale
avec au premier plan un technicien protégé par un casque
– genre toutes les précautions sont prises – parlent
d’analyses permanentes, du bureau d’études Ginger
Environnement et du laboratoire « indépendant » Weisling
et de mise en décharge si nécessaire des sédiments
pollués par les PCB.
La CNR pour expliquer cette campagne de remise
en mouvement de sédiments pollués avance le sacro-saint
objectif de « conformité du chenal navigable aux normes
européennes ».
Une autre réglementation européenne fixe les seuils en
PCB et dioxines au-delà desquels les poissons ne peuvent être
plus consommés. Le bassin du Rhône est désormais
dans l’orange et le rouge (cf. carte) et pour cause, la CNR est
moins attachée à la santé publique et à
la biodiversité aquatique qu’à la sécurité
de la navigation.
Robin des
Bois vient d’écrire à la CNR et aux préfets
de région et de départements afin d’obtenir les
analyses des sédiments à draguer ou dragués, la
liste des décharges où les sédiments pollués
ou « très pollués » ont été
déposés et la liste des sections où selon les déclarations
du directeur délégué au développement durable
de la CNR les opérations de dragage planifiées ont été
annulées à cause des risques de diffusion de la contamination.
Les
sites pollués font les poissons contaminés
(octobre 2010 et juillet 2011)
Le lien entre les sites terrestres pollués par les PCB ou en
mettant en œuvre et les cours d’eau mérite d’être
explicité. La contamination des sédiments et des poissons
susceptible d’en résulter est tardivement ou insuffisamment
prise en compte par les autorités compétentes. La recherche
des sources de pollution est le plus souvent oubliée même
si un certain nombre d’arrêtés préfectoraux
ou d’évènements climatiques oubliés relient
au fil des ans et en pointillés la pollution des cours d’eau
à des sites industriels.
En avril 1995, des récupérateurs de cuivre éventrent et vident des transformateurs au pyralène sur la friche Vieille-Montagne de Creil (60) ; 300 à 400 l de pyralène partent dans l’Oise. Les préfets de l’Oise et du Val d’Oise interdisent très provisoirement la pêche et la consommation d’eau dans la rivière en aval de Creil. Quinze ans après, en 2010, les mêmes préfets interdisent la consommation de toutes les espèces de poissons pêchés dans l’Oise en raison de leur contamination PCB.
En 1995, puis en 1996, des fuites de pyralène sont observées à Cramoisy (60) sur la friche ADCLO en bordure du Thérain; « Heureusement, le pyralène n’a pas atteint la rivière » se réjouit la presse. En 2008, les analyses effectuées par l’ONEMA montrent une contamination de 100% des anguilles pêchées dans le Thérain, avec un taux de PCB de 2 à 13 fois le seuil réglementaire maximal. Quinze ans après, en 2010, le préfet de l’Oise interdit la consommation et la commercialisation des anguilles pêchées dans la rivière.
L’Avène traverse la plate-forme chimique de Salindres, dans le département du Gard, pointée par les associations pour ses pollutions historiques et chroniques. La plate-forme n’a jamais produit de pyralène mais ses industries ont utilisé des huiles et des équipements électriques contenant des PCB. Salindres se trouve en zone inondable et a été touchée par des crues et coulées de boue en octobre 1983, en octobre 1987, en septembre 1993, en octobre 1995, en octobre 1997, en mai 1998 et en septembre 2002. Des polluants issus des activités ont été dispersés. Lors du dernier épisode cévenol en 2002, il a aussi été noté par la DIREN du Languedoc-Roussillon que des enrochements au droit de la zone industrielle avaient été emportés dans l’Avène. En 2010, les poissons de l’Avène sont déclarés contaminés. Leur consommation est interdite par arrêté préfectoral ; la cause de la pollution reste officiellement d’origine inconnue.
Le site Arkema,
ex-Atofina, ex-Atochem, ex-Péchiney-Saint-Gobain, ex-Rhône
Poulenc Industries, ex-Rhone Progil, ex-Compagnie des Produits Chimiques
d'Alais et de Camargue, en bordure de rivière, a produit des
gaz industriels et des gaz de combat à partir de 1914 ; il est
agréé pour l’incinération des déchets
et résidus chlorés dont les PCB depuis 1987.
En décembre 2009, la consommation humaine des
poissons pêchés dans la Durance entre le barrage de l’Escale
et le barrage de Cadarache est interdite. L’arrêté
préfectoral fait suite aux analyses de poissons transmises en
2009 à la DREAL par le site ARKEMA de Château-Arnoux/Saint-Auban
dans le cadre de la surveillance des installations classées.
Des analyses avaient été effectuées par l’ONEMA
dans le cadre du plan national d’actions contre les PCB aux Mées,
en aval de Saint-Auban en 2008; toutes mettaient en
évidence une contamination des barbeaux en PCB de 7 à
12 fois le seuil réglementaire.
=>
lien vers l'arrêté du 23 février 1987
En janvier
2007, suite à un incendie sur le site de l’Union
Beurrière à Vesoul (70), « il y a du pyralène
dans la nature » estime le préfet. Il interdit pendant
quelques semaines la pêche dans le Durgeon et la Colombine. Le
25 août 2009, un nouvel arrêté interdit la consommation
de tous les poissons pêchés dans le Durgeon au vu des résultats
d’analyses réalisées en avril 2009
à Vesoul sur des espèces faiblement bio accumulatrices.
Le 15 juin 2010, l’arrêté est abrogé
suite à de nouvelles analyses effectuées en septembre
2009 à Vaivre-et-Montoille. Robin des Bois vient d’écrire
au Préfet pour être destinataire des analyses ayant permis
ce revirement instantané alors que les PCB sont connus pour leur
bioaccumabilité et leur extrême persistance.

Lac de Vaivre-et-Montoille
: le royaume de la carpe qui ne sait plus si elle est PCB contaminée.
© Infocarpe.com
Les
pouvoirs publics commencent à prendre en considération
l’impact des sites pollués sur la contamination des cours
d’eau et font le lien entre arrêtés d’interdiction
pour cause de contamination PCB et découvertes de sites pollués.
A Saint-Just-Saint Rambert (42), le préfet a même demandé
des analyses complémentaires des eaux et des sols après
la découverte d’un transformateur vandalisé et compte
tenu de la pollution historique du Furan. Un début vers la responsabilisation
et l’application du principe pollueur / payeur ? Les sites sont
souvent des friches ou des sociétés en faillite et c’est
l’Etat qui devra régler l’ardoise, s’il le
peut et s’il le veut.
A Susville (38), un arrêté municipal du 12 mars 1996 interdit la pêche et la consommation des poissons de l’étang des Moutières, de la rivière la Jonche et de ses affluents sur le territoire de la commune suite à la découverte d’une pollution aux PCB sur le site des anciennes centrales thermiques. En 2009, cette interdiction est toujours en vigueur.
Le 13 janvier 2005 la préfecture de l’Essonne interdit la pêche de toutes les espèces de poissons dans la rivière Essonne depuis la commune de Baulme jusqu’à la confluence avec la Seine.
Le
bassin du Rhône
L’arrêté de la préfecture du Rhône du
14 septembre 2005 marque le coup d’envoi de la cascade de restrictions
de pêche dans le Rhône. Il interdit la consommation et la
commercialisation de tous les poissons pêchés dans le canal
de Jonage et le Grand Large en amont de Lyon. En 2006 et 2007, l’interdiction
a été progressivement étendue par des arrêtés
des préfectures de l’Ain, du Rhône, de l’Isère,
de la Drôme, de l’Ardèche, du Gard, du Vaucluse et
des Bouches-du-Rhône à l’ensemble du fleuve, du barrage
de Sault-Brénaz (01) à son embouchure.
L’interdiction a été levée pour les poissons de pleine eau non migrateurs dès mai 2008 par les préfectures de la Drôme, de l’Ardèche, du Gard et du Vaucluse. Le 19 mai 2009 la préfecture des Bouches-du-Rhône a signé un arrêté similaire (en lien), de même que les préfectures du Rhône, de l’Ain et de l’Isère le 19 juin 2009, qui en ont cependant exclu les brochets de plus de 2,5 kg, les vandoises et les carassins ; seule la portion de Rhône comprise entre Saint-Vulbas et Loyettes (01) est concernée par une interdiction de toutes les espèces. Lien vers l'arrêté interpréfectoral du 19 juin 2009.
Dans les lacs alpins, les arrêtés du 2 avril 2008 pris par les préfectures de Savoie et Haute-Savoie ont interdit la pêche des ombles chevaliers en vue de la commercialisation et la consommation du fait des PCB dans les lacs d’Annecy, la partie française du lac Léman et le lac du Bourget ainsi que celle du lavaret, du brochet et du gardon. Ici aussi les échantillonnages de poissons ont conduit à un assouplissement de l’interdiction pour les ombles d’une taille inférieure à 39 ou 40 cm, le lavaret et les fritures de gardons. A lire: le courrier d'un chat à Robin des Bois.
Le renforcement des contrôles dans le cadre du plan PCB sur les sites déjà répertoriés pour les teneurs en PCB de leurs sédiments et autres sites sensibles ont mis en évidence des taux de contamination dans les sédiments ou les poissons supérieurs aux seuils d’alerte définis par le plan. Dès août 2008, la préfecture de la Drôme a interdit la pêche de tous les poissons de la rivière Isère.
Des
analyses de sédiments au-delà de la valeur indicatrice de
400µg / kg (1.840 µg / kg * en amont de Montagney et 502 µg
/ kg en aval) ont conduit les préfectures de Haute-Saône
et du Doubs à prendre un arrêté temporaire préventif
d’interdiction de pêche le 5 février 2009 sur une partie
de la rivière l’Ognon, affluent de la Saône, sans attendre
les résultats des échantillonnages de poissons. En 2008
un transformateur au pyralène aurait été vidé
à Cognières sur une friche industrielle proche de l’Ognon.
En amont, à Servance, le
site Madec installé en bordure de la rivière est répertorié
dans la base de données BASOL comme atteint par une « pollution
généralisée en hydrocarbures et solvants chlorés
» ; la pollution des sols en PCB, avérée, n’est
cependant pas caractérisée. Dans le passé, l’Ognon
a aussi été victime de nombre d’épisodes de
pollutions aux hydrocarbures qui peuvent masquer des vidanges d’huile
polluées aux PCB. Enfin, ici encore, les fortes inondations, comme
celles de 1990, participent à la remobilisation des polluants.
*µg = microgramme, soit millionième de gramme.
Dans la Saône, les analyses sur les poissons effectuées en mai 2008 ont mis en évidence une contamination par les PCB des poissons de fond supérieure à la limite réglementaire de 8 pg / g dans deux sites de prélèvement sur quatre ; les poissons de pleine eau ne seraient pas atteints. Dans son avis du 22 septembre 2008, l’AFSSA recommande des investigations complémentaires pour les sites non-conformes d’Ouroux-sur-Saône et Neuville-sur-Saône. En janvier 2009, de nouvelles analyses ont confirmé la contamination. Une interdiction de consommation a été prise pour la Saône aval par les préfectures du Rhône et de l’Ain le 12 février 2009. Le 16 février, un arrêté interpréfectoral des préfectures de Saône-et-Loire, Rhône et Ain interdit la consommation humaine et animale des poissons benthiques pêchés dans la Saône depuis sa confluence avec le Doubs.
Dans l’Azergues, affluent de la Saône, des teneurs en PCB de 1.740 µg / kg ont été détectées dans les sédiments ; la valeur indicatrice de pollution fixée par le Plan National est de 400 µg / kg. La source de la pollution n’est pas connue, vandalisme ou pollution historique. L’Azergues est principalement affectée par les rejets domestiques et les pollutions issues des productions vinicoles du Beaujolais. Cependant les derniers épisodes d’inondation des 2-3 décembre 2003 et 21-22 octobre 2008 et ceux à venir sont susceptibles de lessiver les sites industriels principalement installés en fond de vallée. Dans un premier temps, aucune mesure de restriction de la pêche n’a été prise sur la rivière réputée pour la pêche à la truite.
La
Somme
Le premier arrêté de restriction de la pêche dans la
Somme a été pris dès le 21 septembre 2006 ; il interdit
la commercialisation de toutes les espèces de poissons. Les personnes
proposant la pêche de loisirs doivent informer leurs clients que
la consommation des produits de la pêche est déconseillée.
L’interdiction a été étendue aux affluents
et cours d’eau reliés le 19 décembre 2007. Le 11 février
2008, un nouvel arrêté limitait les restrictions à
l’anguille et aux espèces fortement bio accumulatrices sauf
sur le cours du fleuve entre Saint-Quentin (02) et Feuillères (80)
où elles touchent aussi les poissons non carnassiers.
En 2008 de nouvelles analyses ont été effectuées
dans le cadre de l’échantillonnages national des PCB dans
les poissons regroupés en trois catégories : les anguilles,
les espèces fortement bio accumulatrices et les espèces
réputées faiblement bio accumulatrices. Dans son avis du
26 mars 2009, l’AFSSA conclut à la non-conformité
des anguilles et des autres espèces fortement bio accumulatrices
et à la conformités des espèces faiblement bio accumulatrices
sur l’ensemble du fleuve et de ses affluents, sauf pour ce qui concerne
la portion du fleuve de Séraucourt-le-Grand à Artemps où
les données ne sont pas suffisantes. La préfecture de Picardie
suit strictement cet avis dans son arrêté du 14 septembre
2009.
La Seine
En amont, la pêche de tous les poissons est interdite dans la rivière
Essonne jusqu’à sa confluence avec la Seine depuis un arrêté
du 13 janvier 2005.
La pêche, la détention, le transport et la vente ou la cession
des anguilles pêchées dans la Seine et les eaux littorales
est interdite du fait des PCB dans les départements de la Seine
Maritime , l’Eure et le Calvados par un arrêté du 23
janvier 2008. Suite à de nouvelles analyses, l’interdiction
est étendue à toutes les espèces de poissons pêchés
dans la Seine sur le territoire de ces départements.
Aujourd’hui la contamination s’étend au-delà
du fleuve à l’ensemble de la baie de Seine : il est désormais
interdit de pêcher et de consommer la sardine entre Dieppe (76)
et Barfleur (50) dans toutes les eaux sous souveraineté ou juridiction
de la France.
Mais
contre toute logique, il est toujours possible de pêcher toutes
espèces de poisson dans le fleuve entre sa confluence avec l’Essonne
et la limité du département de l’Eure.
Contre toute logique aussi, les activités de pêche continuent
et aucune forme de pouvoir n’intervient pour mettre fin à
cette contamination populaire. Les pêcheurs disent comme un seul
homme qu’ils pêchent pour le plaisir de pêcher et que
les captures sont rejetées. Des constats et témoignages
semblables viennent des autres bassins.
Situation en juillet 2009
Depuis la dernière mise à jour de l’atlas des sites pollués aux PCB en mars 2009, les arrêtés d’interdictions se sont étendus jusqu’aux rives de la Loire, de la Garonne et de la Moselle mais à l’exception de celles des cours d’eau et canaux du Nord-Pas-de-Calais.
|
PCB : lettre ouverte des anguilles, brèmes, tanches et brochets du Nord-Pas-de-Calais le 21 juillet 2009 « Nous apprenons que de plus en plus d’espèces soeurs sont interdites de pêche ou de consommation, que les bassins versants de la Loire, du Rhône, de la Garonne, de la Seine, que des petits fleuves côtiers comme la Laïta sont touchés ! Or, nous constatons de par la lecture de la carte de Robin des Bois que le Nord-Pas-de-Calais agrège un nombre record de sites pollués aux PCB. Un autre organisme français spécialisé dans les conseils aux piscivores, l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) dit que sur le canal de la Deûle, le canal de Roubaix, la Liane, la Sambre, l’Aa, la Canche, la Ternoise , les poissons sont contaminés par les PCB, et que sur les autres canaux et voies d’eau comme l’Escaut, la Scarpe et la Lys, ils pourraient l’être aussi, ajoutant qu’il conviendra de se méfier du mercure. (*) Nous sommes accablés pour nous-mêmes, notre progéniture et les hérons. Et nous souhaitons pour ne plus ajouter les désagréments d’être pêchés et d’empoisonner les humains et leurs chats aux difficultés de reproduction, de croissance et aux autres risques sanitaires auxquels nous sommes irréversiblement exposés, qu’il soit immédiatement interdit par quelque moyen que ce soit de nous capturer et de nous manger ». |
Laïta
et Isole
Un arrêté interpréfectoral du Finistère et
du Morbihan en date du 25 juin 2009 interdit la pêche des poissons
benthiques en vue de la consommation ou de la commercialisation dans l’Isole
depuis le lieu-dit Pont-Hellec à Saint-Thurien (29) et dans la
Laïta de Quimperlé (29) jusqu’à la mer.
Des analyses sur la présence des PCB ont été menées
à partir de 2002 dans le bassin Isole-Ellé-Laïta, mais
n’ont jamais fait l’objet de diffusion avant octobre 2007
dans le rapport gouvernemental sur la contamination des cours d’eau
français par les PCB. La pollution aux PCB y était confirmée
et la Laïta rejoint les 10% de sites analysés les plus contaminés.
La source de la pollution n’a pas été identifiée
même si des rejets industriels anciens ont été évoqués.
La Laïta depuis 1979 est repérée comme fortement contaminée
par les PCB au même titre que le golfe de Fos, la rade de Toulon,
la baie de Marseille ou encore le secteur ouest de la baie de Seine. Lien
vers l’arrêté du 25 juin 2009.
Garonne
Les Préfectures de Gironde et du Lot-et-Garonne ont interdit par
arrêté du 9 juillet 2009 la consommation et la commercialisation
des anguilles adultes pêchées dans la Garonne en amont de
Bordeaux depuis le Pont-de-Pierre et jusqu’à la limite du
Tarn-et-Garonne même si « la contamination est limitée
par rapport à certains autres fleuves ». Lien
vers l’arrêté du 9 juillet 2009 de la préfecture
de la Gironde. Lien
vers l'arrêté du 9 juillet 2009 de la préfecture du
Lot et Garonne. Les jeunes anguilles (civelles) ne sont pas concernées
par l’arrêté. Il est en outre conseillé de limiter
la consommation des poissons benthiques pêchés dans le fleuve.
A Bordeaux, Robin des Bois a répertorié deux anciens sites
industriels pollués aux PCB, juste en aval de l’interdiction
: l’ex-usine de vinaigre Tête Noire, quai des Queyries et
la SREE sur la rive gauche de la Garonne dans le quartier de Bacalan.
La
même interdiction, assortie des mêmes conseils sur la consommation
des poissons benthiques, a été étendue le 17 juillet
2009 par la préfecture du Tarn-et-Garonne jusqu’au barrage
de Malause en amont de Golfech. Lien
l’arrêté du 17 juillet 2009.
Loire,
Ondaine, Furan et Ozon.
La consommation et la commercialisation de tous les poissons pêchés
dans le fleuve Loire entre le barrage de Grangent et la retenue de Villerest
est interdite par un arrêté du 9 juillet 2009. Outre la contamination
par les PCB, des traces de mercure ont été détectées
chez les carnassiers dans les retenues. L’interdiction touche aussi
trois affluents de la Loire, le Furan depuis Saint-Etienne, l’Ozon
à l’aval de La Talaudière et l’Ondaine depuis
La Ricamarie. Selon la préfecture, la contamination ne serait pas
liée à l’incendie de Saint-Cyprien en aval, mais résulterait
d’activités industrielles anciennes. Plusieurs sites industriels
des vallées du Furan, de l’Ozon et de l’Ondaine sont
déjà répertoriés par Robin des Bois comme
pollués aux PCB : SOGELAM à Fraisses, Loire-Fonte-Industrie
au Chambon-Feugerolles, Vitale à La Talaudière, Celduc à
Sorbiers et France-Bois-Imprégnés à Andrézieux-Bouthéon.
Azergues
et Gier
L’interdiction de consommation de tous les poissons pêchés
dans l’Azergues, affluent de la Saône était attendue
depuis qu’en 2008 les analyses de sédiments ont montré
une contamination quatre fois supérieure à la valeur indicatrice
de pollution fixée par le Plan National d’Actions sur les
PCB. A la suite des échantillonnages de poissons, la préfecture
du Rhône interdit la consommation de tous les poissons pêchés
dans la rivière depuis le barrage de Morancé jusqu’à
la confluence avec la Saône.
La même interdiction frappe les poissons pêchés dans
le Giers depuis le barrage de Soulages jusqu’à la confluence
avec le Rhône à Givors. Les sites industriels GIAT et Teintureries
et Développement d’Izieux sont déjà répertoriés
par Robin des Bois comme pollués aux PCB sur le territoire de la
commune de Saint-Chamond. Lien sur les arrêtés du 9
juillet 2009 Azergues et Gier.
Situation en février 2010
Depuis la dernière mise à jour de l’atlas des sites pollués aux PCB en juillet 2009, les arrêtés de restrictions de pêche pour cause de contamination par les PCB se sont succédés à un rythme accéléré. Après l’apparition de la Moselle en avril 2009 puis celle de la Garonne en juillet, tous les bassins sont concernés, les fleuves comme les rivières et les cours d’eau côtiers, de la Seine au Rhône, du Têt à la Somme, en passant par la Conie et la Sioule, mais toujours à l’exception des canaux et cours d’eau du Nord-Pas-de-Calais. Le littoral n’est pas épargné. La pêche des anguilles de la baie de Seine est limitée depuis janvier 2008, aujourd’hui ce sont les sardines qui sont touchées. « La pêche, la détention, le débarquement, le transport, la vente et la cession en vue de la consommation » des sardines pêchées dans les eaux sous souveraineté ou juridiction françaises entre Dieppe (76) et Barfleur (50) sont désormais interdits.
La totalité des 23 arrêtés pris par les préfectures depuis la mi-juillet limitent la pêche, et concernent dans la plupart des cas toutes les espèces de poissons. Le Doubs, ses affluents et sous-affluents sont particulièrement touchés. Il faut rapprocher ces contaminations par les PCB des multiples pollutions hydrocarbures de ces cours d’eau déjà relevées par Robin des Bois dans l’Atlas 2004-2007 des marées noires dans les eaux intérieures : « irisations d’hydrocarbures », « traces d’huile de coupe métallurgique », « nappe de gazole », « mince filet de fioul », le plus souvent d’origine inconnue, qui ont frappé l’Allan, l’Allaine, la Lizaine, le Gland, la Savoureuse ou la Bourbeuse et peuvent aussi cacher des pollutions par les PCB.
La surveillance des rejets des sites industriels en activité a parfois mis en évidence la contamination des poissons par les PCB et conduit les préfectures à interdire leur consommation. A Bollène, à proximité du site AREVA-Tricastin, la consommation de toutes les espèces pêchées dans la Gaffière, le Lauzon, la Mayre Girarde et le Lac du Trop Long est interdite. La mairie de Bollène (84) a porté plainte contre X pour délit de pollution. Dans la Durance, la consommation des poissons est interdite depuis le barrage de l’Escale à Château-Arnoux (04) jusqu’au barrage de Cadarache à Saint-Paul-lez-Durance (13). Suite à ses visites d’inspection en 2009, la DREAL PACA avait prescrit un renforcement du suivi PCB dans les effluents liquides rejetés par l’usine Arkéma de Château-Arnoux/Saint-Auban. Le site ex-Péchiney-Saint-Gobain, ex-Rhône Poulenc Industries, ex-Rhone Progil, ex-Compagnie des Produits Chimiques d'Alais et de Camargue, en bordure de rivière, a produit des gaz industriels et en particulier des gaz de combat à partir de 1914 ; il est agréé pour l’incinération des déchets et résidus chlorés dont les PCB. En janvier 2010, la fédération départementale de pêche a porté plainte contre Arkema pour "pollution des eaux et "déversement dans les eaux de substances dont l'action ou les réactions entraînent, même provisoirement, des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou la faune".
La
situation en octobre 2010
Le bassin de la Seine retrouve sa place historique d’intégrateur
de PCB. L’aval du bassin y compris la Manche a été
désignés en 2007, en 2008 et début 2010. L’amont
et l’Ile-de-France, les plus gros émetteurs de PCB, ont été
déclarés sinistrés d’avril à juillet
2010 après les plaintes et les pressions de Robin des Bois. Un
nouveau mode généralisé d’information du public
a été inauguré par le préfet du Nord-Pas-de-Calais
en avril 2010 sur le mode « recommandatif ». C’est tout
le nord-ouest de la France, avec les contaminations contiguës du
bassin de la Seine, du bassin de la Somme et du réseau de canaux
du Nord-Pas-de-Calais, qui est victime de la contamination par les PCB.
Rappel : le 8 février 2010, un arrêté préfectoral interdit la pêche des sardines dans les eaux maritimes sous souveraineté ou juridiction française de Dieppe (76) à Barfleur (50) ainsi que la détention, le débarquement, le transport, la vente et la cession de ces poissons en vue de la consommation. Robin des Bois publie sa quatrième édition de l’atlas des sites pollués aux PCB et s’étonne de la torpeur des autorités au regard du désastre sanitaire PCB et plus spécialement celles du Nord-Pas-de-Calais et de l’Ile-de-France.
Le
23 février 2010, l’association porte plainte contre X pour
pollution et mise en danger de la vie d’autrui devant les tribunaux
de Lille, Valencienne, Béthune, Douai, Rouen, Le Havre et Paris
et entame une campagne d’informations auprès des populations
riveraines de la Seine, de ses affluents et des cours d’eau et canaux
du Nord-Pas-de-Calais.
Le 27 avril 2010, l’ONEMA (Office National de l’Eau et des
Milieux Aquatiques) ouvre son site internet dédié au Plan
National d’Action contre les PCB et rend disponibles au public les
analyses PCB des poissons dans les différents bassins fluviaux.
Tous les bassins sont plus ou moins touchés par la contamination.
Avant (février 2010) -------------------------Après (octobre
2010)
Depuis
la dernière mise à jour de l’inventaire de Robin des
Bois en février 2010, plus de 30 arrêtés ont été
pris par les préfectures, de la Dordogne au Nord, en passant par
le Gard, Paris, l’Isère et la Savoie. La pêche de l’anguille
est à nouveau autorisée dans la Charente ; la préfecture
du Doubs a annulé les interdictions concernant le Durgeon et la
Lanterne et assoupli celles en vigueur sur la Semouse, la Combeauté
et la Lizaine. La quasi totalité des arrêtés confirment
cependant l’extension de la contamination. En Ile-de-France, la
préfecture de Seine-et-Marne a ouvert le bal en avril et interdit
la consommation de tous les poissons sur la Thérouanne et la Beuvronne,
deux affluents de la Marne et de l’anguille dans tous les cours
d’eau du département. A partir de juin, toutes les préfectures
de la région ont pris des arrêtés d’interdiction
de consommation de toutes les espèces de poissons pêchés
dans la Seine mais aussi dans plusieurs affluents comme l’Oise,
la Marne et l’Essonne ; en outre, des interdictions limitées
à l’anguille et aux poissons benthiques ont été
prises pour tous les cours d’eau du département de l’Essonne
ainsi que pour le Thérain, affluent de l’Oise.
Quant à l’autre région jusqu’ici administrativement
épargnée par toute trace de pollution PCB, le Nord-Pas-de-Calais,
elle se singularise par un arrêté allégé, pris
en avril 2010, qui se contente de « recommander » de ne pas
manger toutes ou certaines espèces de poissons mais en reconnaissant
la contamination PCB, ses effets toxiques à court ou à long
terme et ses effets cumulatifs ; pour ajouter à la dissuasion,
au détour de l’article 5 il est rappelé que «
la cession à titre gratuit ou onéreux des poissons visés
à l'article 3 du présent arrêté, à destination
de la consommation humaine ou de l'alimentation animale, est interdite
».
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Atlas
des sites aquatiques pollués aux PCB
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Robin
des Bois |
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