21 septembre: 10h17

20 sept. 2002

A Toulouse, les causes de l’explosion instantanée du nitrate d’ammonium stocké dans le hangar 221 d’AZF ne sont pas élucidées. L’accumulation des vétustés et négligences, chez AZF, mise en avant par les enquêteurs ne suffit pas à expliquer la catastrophe. Ce sont des éléments de contexte qui n’ont, jusqu’à preuve du contraire, aucune influence sur l’origine des faits. C’est dans l’ensemble de la plate-forme chimique que doivent s’orienter les investigations et les recherches d’explication, notamment dans les sols, sous-sols, bras morts de la Garonne, et dans le domaine du transport et de la production d’électricité. En attendant de connaître la vérité – et pas cette vérité unique sur la responsabilité d’AZF, déroulée une heure à peine après la catastrophe et ressassée sans relâche depuis un an – toute activité industrielle même stratégique comme la fabrication à la SNPE des carburants pour l’industrie spatiale et militaire doit être suspendue.

A Rouen, les sapeurs-pompiers sont confrontés à un problème majeur de sécurité: le bateau-pompe chargé de surveiller les usines et les transports de matières dangereuses sur la Seine et à quai a été lancé il y a 40 ans. L’une de ses missions est de surveiller le dépotage des cargos de nitrate d’ammonium et d’autres matières toxiques ou explosives pour l’usine AZF de Grand-Quevilly. Les moteurs tombent en panne. Le débit des pompes est insuffisant. Les conditions d’hygiène sont déplorables. Le Caporal Chef Henri-Jean ne bat pas pavillon de complaisance. Son armateur est connu. C’est le Conseil Général de Seine-Maritime. La mise en chantier immédiate d’un bateau-pompe est indispensable à la gestion des risques industriels dans le port de Rouen spécialisé dans la réception, la manutention et la transformation de matières inflammables toxiques, explosives ou radioactives.

A Paris et à Lyon, Mme la Ministre de l’Ecologie fait des déclarations fantaisistes: « il s’agit d’introduire au coeur du débat sur la décentralisation les mesures à prendre à l’échelle locale pour les sites à risque ». S’il y a un domaine où la centralisation est nécessaire, c’est celui de la gestion des risques majeurs. Sinon, bonjour les petits arrangements irresponsables entre élus de tous bords, tels qu’on les constate dans le domaine des permis de construire en zones inondables comme dans les périmètres de sécurité Seveso.Les risques attachés au stockage de 1000 tonnes de nitrate d’ammonium ou de 1 million de tonnes de produits pétroliers sont les mêmes à Marseille, à Rouen, ou en Guadeloupe. Les périmètres de sécurité, les dispositifs de réduction des risques à la source et de protection de l’environnement, et la maîtrise de l’urbanisation doivent être analogues sur l’ensemble du territoire français et de l’Union Européenne. L’idée de Mme Bachelot est une catastrophe intellectuelle.

Imprimer cet article Imprimer cet article